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République du Sénégal
 

 

1 Situation générale

Carte : Sénégal

D'une superficie de 196 200 km² (l'équivalent du Kirghizistan; France: 547 03 km²), la république du Sénégal est située à l'extrême ouest du continent africain, au bord de l'océan Atlantique. Le pays est limité par l'Atlantique à l'ouest, la Mauritanie (1 million de km²) au nord, le Mali (1,2 million de km²) à l'est et la Guinée-Bissau (36 125 km²) au sud (voir la carte détaillée).

À l'intérieur des frontières du Sénégal, la Gambie 11 300 km²) constitue une enclave toute en longueur dans le sud du Sénégal, à l’intérieur duquel elle pénètre profondément. La Mauritanie est un pays à la fois arabophone et francophone, le Mali un État francophone, alors que la Gambie est anglophone et la Guinée-Bissau, lusophone. Le pays est divisé en dix régions administratives: Dakar, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Tambacounda, Thiès, Ziguinchor (voir la carte détaillée). Chacune d’entre elles est administrée par un gouverneur et dispose d’une assemblée régionale, dont les membres sont élus.

2 Données démolinguistiques

RégionPopulation
2001
Population
2004
Superficie
Dakar 2 411 500 2 613 700     550 km2
Thiès 1 348 600 1 461 700  6 601 km2
Kaolack 1 128 100 1 222 700 16 010 km2
Diourbel    930 000 1 008 000   4 359 km2
Saint-Louis    863 400    935 800 44 127 km2
Kolda    834 800    904 700 21 011 km2
Fatick    639 100    692 700   7 935 km2
Louga    559 300    606 200 29 188 km2
Ziguinchor    557 600    604 400   7 339 km2
Tambacounda    530 300    574 800 59 602 km2
TOTAL Sénégal 9 802 80010 624 800  196 722 km2

La population du Sénégal était estimée à 10,6 millions en 2004. Les régions de Dakar (2,6 millions), Thiès (1,4 million), Kaolack (1,2 million) et de Diourbel (1 million) sont les plus peuplées.

À l'exemple de nombreux pays d'Afrique, le Sénégal est caractérisé par la diversité linguistique et culturelle née de la rencontre de trois grandes civilisations: la négro-africaine, l'arabo-islamique et l’occidentale française. La civilisation négro-africaine est transmise par les nombreuses langues nationales, dont le wolof, le peul, le sérène, le diola, le malinké et le soninké. L'apport arabo-islamique, commencé vers le Ve et le VIe siècle, a amené une langue de culte, un livre sacré et un système normatif et juridique fortement codifié. Quant à l'influence occidentale française, elles est arrivée avec le commerce et la colonisation, et s’est infiltrée non seulement avec sa langue, mais aussi avec la Bible et sa littérature, son administration, son idéologie philosophique politique et juridique.

2.1 Les ethnies

En considérant la population du Sénégal (10,6 millions en 2004), on peut dire que les ethnies sont fort nombreuses dans ce pays, sans oublier qu'à l’intérieur de chacune des ethnies il peut exister des sous-groupes qui parlent des langues parfois très différents des autres sous-groupes de la même ethnie. 

- Les Peuls, Toucouleurs et Sarakolés

Ces trois groupes ethniques sont présents sur l’ensemble du territoire sénégalais, mais ils sont originaires des régions les plus désertiques du pays. Ils sont à l’origine de l’islamisation des autres ethnies du pays. On distingue les Peuls (5 %) — appelés ailleurs Peulhs, Fulas, Fulanis, Pulaars ou Populars, Haal-Pulars —, les Toucouleurs (10 %) réputés pour être les grands guerriers du Sénégal et les Sarakolés (3 %). 

- Les Wolofs, Lébous et Sérères

Ce groupe de trois ethnies rassemble la population du nord du Sénégal où ils sont majoritaires. En grande partie musulmans, ce sont des ethnies au pouvoir depuis l’indépendance. Les Wolofs (27 %) sont les plus nombreux; peuple d'agriculteurs musulmans, les Wolofs ont réussi, dès l'indépendance, à imposer leur idiome (le wolof) comme langue nationale, bien avant le français. 

Quant aux Sérères (17%), ils constituent incontestablement l’élite du pays. Ils occupent les plus hauts postes dans l’administration et sont les chefs des grandes entreprises. Ce pouvoir leur donne une importance historique dans le pays. Les Sérères forment la première communauté catholique du Sénégal. C’est grâce à la communauté catholique que les Sérères sont les Sénégalais les plus instruits du pays. En raison de la médiocrité des écoles, les églises ont créé de nombreuses écoles privées catholiques aussi efficaces que prestigieuses. Le premier président, Léopold Sédar Senghor, était un Sérère. La pénétration des Sérères dans le territoire sénégalais va jusqu’à Koalack ou Fatick, dans le Centre-Ouest.

Les Lébous (7%) sont aujourd'hui presque entièrement «wolofisés». Peuple de pêcheurs, ce sont les premiers et principaux occupants de la presqu’île du Cap-Vert. On tend de plus en plus à les associer aux Wolofs dont ils ont adopté, à quelques mots près, la langue.

-  Les forestiers

Les «peuples forestiers» du Sénégal — Diolas (9 %), Balantes (2 %), Manjaks (1 %), Mankagnes (1 %), Baïnouks (2 %), Karoninkas (1 %) et Pepels (1 %) — sont des ethnies habitant la Casamance, une région de forêts pluviales au sud, dans le Kolda. Les forestiers casamançais sont à majorité catholiques, mais ont une lointaine tradition animiste qu’ils tendent à vouloir préserver. Les Diolas sont divisés en de nombreux sous-groupes qui, généralement, ne se comprennent pas: les Essils (vers Thionk), les Fognys (vers Baïla), les Erings, les Bayots(au Sud), les Floups(à Oussouye), etc. Les Diolas occupent souvent des postes d'administrateurs et parfois dans les hautes sphères du pouvoir. 

La plupart des membres des Balantes (2%) proviennent à l'origine de la Guinée-Bissau au sud du pays. L'écriture de la langue balante a été reconnue en septembre 2000 par le gouvernement sénégalais; le balante peut être enseigné au primaire au même titre que le wolof, le sérère, le siola, le peul et le mandingue. Dans la même région, vivent les Manjaques (1%), les Mankagnes (1%), les Baïnouks (2%), les Karoninkas (1%) et les Pepels (1%). Ces ethnies ont souvent des noms de famille portugais en raison de leur origine bissau-guinéenne.

- Les Mandingues et les Bambaras

Les Malinkés (4%) sont des Mandingues comme les Bambara et vivent au Sénégal oriental à la frontière malienne (région du Tamacounda). Malgré leur proche parenté avec les Malinkés, les Bambara (2 %) sont considérés au Sénégal comme des Niaks, c’est-à-dire des Noirs non sénégalais. Ils résident également dans la région de Tambacounda, plus spécialement à l’est du département de Kédougou. 

- Les petites ethnies autochtones

Les petites ethnies du Sénégal habitent dans des villages réputés inaccessibles, surtout dans les montagnes du Sud-Est. Mentionnons les Bassaris (1%), les Tendas Bediks (1%), les Coniaguis (1%), les Diarankés (1%), les Niominkas (1%), les Soninkés (3%), une ethnie mandingue originaire du Mali. 

- Les étrangers ou Nars

Le Sénégal compte aussi des ethnies étrangères provenant d'autres pays à la suite de mouvements migratoires. C'est que le Sénégal est aussi un pays d'immigration. On appelle ces ethnies des «Nars»: ils ont immigré d’Afrique du Nord et du Proche-Orient, généralement de la Mauritanie, de l'Algérie, du Maroc, de la Gambie, de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert. Au Sénégal, les Nars ont une grande importance, car ils constituent la première communauté étrangère, juste avant les Français. Les deux nationalités les plus représentées sont les Libanais et les Maures de Mauritanie. On peut ajouter aussi une arrivée massive d’Algériens qui se sont installés dans la région de Dakar, ainsi qu'un certain nombre de Marocains.  En général, les Nars possèdent une bonne partie des petits et moyens commerces sénégalais; ils sont répandus sur l'ensemble du territoire, mais uniquement dans les grands centres urbains où ils gèrent leurs commerces.

2.2 Les langues sénégalaises

Les Wolofs constituent le premier groupe ethnique du Sénégal (moins de 40 %). On trouve aussi des Peuls près du cours du Sénégal, bien qu'ils se soient répandus à travers toute l’Afrique occidentale, où ils sont appelés Foulas, Foulanis, Foulbés ou Poulos (Peuls). On distingue aussi les Toucouleurs qui, comme leurs frères peuls, sont des bergers; ils occupent la rive gauche du fleuve Sénégal. Ils furent parmi les premiers à se convertir à l’islam. 

Les Sérères constituent le deuxième groupe ethnique du Sénégal et de Gambie. Ils vivent dans les zones boisées et cultivent la terre. Quant aux Diolas, l'ethnie majoritaire en Casamance, ils se subdivisent en plusieurs sous-groupes (Boulouf, Fogny et Kasa) et parlent autant de variétés de diola; ils cultivent le riz et vivent dans les régions forestières.

Les huit millions de Sénégalais sont répartis entre une vingtaine de langues nationales, la plupart appartenant à la famille nigéro-congolaise, dont les six plus importantes sont le wolof, le peul, le sérène, le diola, le malinké et le soninké. Le wolof est la langue maternelle de 36 % de la population, mais près de 90 % des Sénégalais parlent et comprennent le wolof, car il sert de langue véhiculaire pour tout le pays. Juste avant le français, c’est donc la langue la plus comprise par les différentes ethnies sénégalaises. N'oublions pas aussi que le wolof est surtout parlé au Sénégal et en Gambie, mais il a aussi le statut de langue nationale en Mauritanie. Utilisé comme langue véhiculaire notamment par les commerçants, c'est un peu comme «l'anglais de l'Afrique de l'Ouest». Le wolof s'est enrichi des apports des autres langues nationales du Sénégal, de l'arabe et du français. Le wolof est devenu la plus grande langue véhiculaire du Sénégal, avant le français. Le monde des affaires est largement dominé par le wolof dans les grandes agglomérations. Les six langues nationales reconnues par le décret no 71-566 du 21 mai 1971 sont représentées dans la région de Dakar et surtout dans le chef-lieu de région.

Quant au français, il demeure une langue étrangère parlée par 15 % à 20 % des Sénégalais et par à peine 1 % à 2 % des Sénégalaises. Il est la langue maternelle d'une minuscule élite constituant tout au plus 0,2 % de la population du pays. On peut se demander pourquoi le Sénégal compte-t-il un si haut taux d'analphabètes en langue française. Il faut se rappeler que 55% des jeunes Sénégalais vivent dans les régions rurales et que très peu d'entre eux fréquentent l'école, les enfants étant considérés comme des bras supplémentaires pour le travail dans les champs. C'est ce qui pourrait expliquer  que 80 % à 90% des jeunes ne parlent pas le français. Par ailleurs, 82 % des Sénégalais vivant en milieu rural ne savent ni lire ni écrire aucune langue.

Cela dit, le français au Sénégal n’est plus perçu comme la «langue du colonisateur», mais plutôt comme une «composante du patrimoine linguistique national».

3 Données historiques

Les recherches scientifiques témoignent de la présence humaine sur le territoire du Sénégal depuis des milliers d'années. L'apparition des métaux date d'au moins 500 ans avant notre ère, mais le fondation de royaumes sénégalais est plutôt récente, soit avant le VIIe siècle. L'islam est alors apparu dans la région occasionnant de nouveaux royaumes musulmans. Au IXe siècle, les Toucouleur s’installèrent dans le Fouta-Toro et la vallée du Sénégal. Le puissant royaume du Tekrour, pour sa part, domina l’est du pays à partir du XIe jusqu'au XIVe siècle. Bientôt, allait commencer la traite des Noirs.

3.1 La colonisation française


Les premiers Européens à fréquenter la région furent les Portugais qui, en 1444, atteignirent l’embouchure du Sénégal et l'archipel du Cap-Vert. Ce fut le début des relations commerciales avec les Européens. Les Portugais s’installèrent à Gorée, une petite île à trois kilomètres au large de Dakar, qui, pendant très longtemps, constituera l'entrepôt principal de la traite négrière. Après 1600, les Portugais furent chassés par les Hollandais et les Français, ces derniers dominant vers 1700 le commerce de la région côtière. Un premier comptoir français, fortifié, fut installé en 1659 sur l'île de Ndar, à l'embouchure du fleuve Sénégal : ce fut la ville de Saint-Louis, fondé par Louis Caullier, agent de la Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal, en hommage au roi de France, Louis XIV, alors souverain régnant. Ce comptoir devait permettre d'entreprendre la remontée du fleuve Sénégal, et ce, malgré la résistance des Toucouleurs et des Peuls. Malgré la rivalité franco-britannique et de nombreux conflits à la fin du XVIIe siècle et durant tout le XVIIIe siècle, l’influence française s’étendit dans toute la région, hormis la Gambie. Après une brève période d’occupation britannique (1758-1779 et de 1809-1814), le Sénégal redevint français. Saint-Louis resta un centre actif du commerce des esclaves durant tout le XVIIIe siècle. Autour de 1789, la ville de Saint-Louis comptait au moins 10 000 habitants répartis comme suit: 6000 Noirs (résidents permanents), 1200 Mulâtres, 3000 esclaves et quelque 600 Européens, y compris la garnison. Il y eut de nombreux mariages mixtes, car il était interdit aux Européens qui se rendaient en Afrique d’amener leur femme et leur senfants. Plusieurs commerçants et trafiquants blancs laissèrent un héritage important à leur femme et leurs enfants, qui prirent le nom d’«enfants du pays». La France n'abolit l'esclavage qu'en 1848. 

Le général Louis Faidherbe (1818-1889) fut nommé gouverneur du Sénégal en 1854. Comme le pays était divisé entre plusieurs petits royaumes rivaux, Faidherbe entreprit la réunification du Sénégal. Il repoussa les Toucouleurs à l'est du Haut-Sénégal (1855-1863), rejeta les Maures au nord du fleuve Sénégal, puis en 1858 il annexa le pays des Wolofs (à l'époque: Yolofes). De retour à Saint-Louis, il décida de relier cette ville au Cap-Vert. En 1895, le Sénégal devint officiellement une colonie française administrée depuis Saint-Louis.

En 1902, le gouvernement colonial installa la capitale à Dakar, qui devint en même temps la capitale de toute l’Afrique occidentale française. La France favorisa l’économie sénégalaise en développant la culture de l’arachide à des fins d'exportation. À partir de 1914, le premier Africain du Sénégal put siéger au Parlement français, alors que les habitants des communes de Saint-Louis, Rufisque, Gorée et Dakar se virent attribuer la citoyenneté française. Après la Seconde Guerre mondiale, une assemblée territoriale fut créée au Sénégal; Léopold Sédar Senghor, l'un des députés au Parlement français, domina la vie politique locale de son pays. Le français avait été choisi comme langue officielle durant toute la colonisation française. En 1958, le Sénégal obtint le statut de république au sein de la Communauté française; la capitale sénégalaise est transférée de Saint-Louis à Dakar.



3.2 L’indépendance du Sénégal

Léopold Sédar Senghor

Le Sénégal obtint son indépendance le 18 juin 1960. Née en janvier 1959, la fédération du Mali, qui regroupait le Sénégal et le Soudan français (l'actuel Mali), fut dissoute en août, minée par les querelles internes. Léopold Sédar  (1906-2001) Senghor présida aux destinées du Sénégal jusqu'à sa démission en 1980. Il remporta la première élection présidentielle de 1963 et fut réélu régulièrement jusqu’en 1978. Bien qu'il ait transformé le Sénégal multipartite des premières années en un État à parti unique, Senghor fut toujours considéré comme ayant un régime tolérant et démocratique. Lorsqu’il démissionna en 1980, il devenait le premier dirigeant de l’Afrique moderne à prendre sa retraite de son propre chef.

Dès lors, Abdou Diouf, son premier ministre depuis 1970, assura la présidence et rétablit le multipartisme. En 1982, le Sénégal et la Gambie s’allièrent pour former la confédération de Sénégambie, dirigée par Diouf, et le Sénégal intervint pour mater un coup d’État contre le président gambien Dawda Jawara. Durant ce temps, le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) se mit à réclamer l'indépendance de la région sud, la Casamance, séparée du territoire sénégalais par l'enclave de la Gambie. Cette rébellion était due au sentiment d'exclusion de la population diola (environ 80 % des 800 000 habitants de la région) dans la construction nationale; cette lutte révélait également la faillite du modèle centralisateur de l'État sénégalais. La confédération de Sénégambie, qui a lié le Sénégal et la Gambie à partir de 1982, n'a pas permis une meilleure intégration de la Casamance. D'ailleurs, cette confédération fut dissoute en 1989.  Le conflit perdure depuis.

En 1989, un autre conflit éclata à la frontière mauritanienne dans la région du fleuve Sénégal, entre éleveurs mauritaniens et agriculteurs sénégalais. L’hostilité entre les Sénégalais et les Maures entraîna des émeutes dans les deux pays marquées par des violences entre les deux communautés. Le guerre fut évitée, mais il s'ensuivit un exode massif des Sénégalais installés en Mauritanie et des Mauritaniens résidant au Sénégal.

Le régime de Abdou Diouf (1981-2000) en fut un de technocrates et suscita le mécontentement au Sénégal. La paupérisation et le chômage grandissant ont renforcé le climat d'agitation sociale et politique. Les médias indépendants se sont fait l'écho des contestations exprimées principalement dans les centres urbains. Abdou Diouf fut réélu en 1993, mais l’opposition contesta les résultats.

À la tête du Parti démocratique sénégalais (PDS), Abdoulaye Wade cristallisa les espoirs d'une population majoritairement désireuse de changement.  Abdoulaye Wade sortit vainqueur au deuxième tour de l'élection présidentielle de mars 2000, face à Abdou Diouf sur le mot d'ordre de sopi («changement» en wolof). Cette élection mettait fin à quarante ans du Parti socialiste. Il reste encore un vieux problème en suspens: le conflit de la Casamance et les relations avec la Guinée-Bissau où l'instabilité politique trouve une part importante de ses racines dans le conflit casamançais. En décembre 2001, est décédé en Normandie (à Verson) Léopold Sédar Senghor, le père de l’indépendance, ce qui suscita une grande émotion dans son pays d'origine. L’État sénégalais lui rendit des obsèques officielles et un deuil national de quinze jours fut observé. En décembre 2004, la crise casamançaise a semblé connaître un dénouement avec la signature d’un accord de paix considéré comme historique par ses signataires, c'est-à-dire le gouvernement sénégalais et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Abdoulaye Wade, 80 ans, a été facilement réélu lors de l’élection présidentielle de 2007, mais la question de sa succession alimente le débat politique actuel.

4 La politique linguistique du Sénégal

Au moment de son accession à l'indépendance, le Sénégal, comme la plupart des États africains francophones, a choisi le français comme langue officielle. Les dirigeants politiques ont ainsi privilégié la langue qui leur paraissait la plus immédiatement disponible et opérationnelle: la langue du colonisateur. 

Toute la politique linguistique écrite du Sénégal, à cette époque, tenait essentiellement de l'article 1 de la Constitution, qui faisait du français la langue officielle. Cette clause constitutionnelle signifiait que le français devenait la langue de la présidence de la République, de l'Assemblée nationale, de l'administration publique, des cours de justice, des forces armées et policières, de l'enseignement à tous les niveaux, de l'affichage, des médias, etc. Le français prenait toute la place dans l'espace politique et socio-économique.

La politique linguistique du Sénégal peut être caractérisée par les deux volets suivants: à la fois promouvoir les principales langues nationales pour en faire des langues de culture, puis maintenir le français comme langue officielle et comme langue des communications internationales. D'ailleurs, l'article 1 (par. 2) de la nouvelle Constitution du 7 janvier 2001 le reconnaît officiellement

 
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